Début de trois jours de mouvement social chez Ubisoft ce mardi 10 février. Les salariés protestent contre la quasi-disparition du télétravail et un nouveau plan d’économies. L’éditeur envisage notamment de supprimer jusqu’à 200 postes en France.
Rassemblement à Saint-Mandé
Ils ont prévu de se rassembler à 14 heures ce mardi devant le siège social de l’éditeur à Saint-Mandé dans le Val-de-Marne. Les salariés d’Ubisoft entament une grève de trois jours ce 10 février. Ils protestent contre la quasi-disparition du télétravail et un nouveau plan d’économies, à deux jours de la publication de ses résultats trimestriels.
Des piquets de grève sont également organisés dans la matinée devant les studios de l’éditeur à Paris, Bordeaux, Montpellier, Annecy et Lyon.
Inquiétude croissante parmi les employés
L’inquiétude est grande depuis que le groupe a annoncé fin janvier un projet de plan de départs volontaires de 200 personnes au siège d’Ubisoft, qui compte 1.100 salariés. « C’est potentiellement le prélude à d’autres plans sociaux », s’inquiète un délégué syndical CGT Ubisoft, qui affirme que les effectifs du QG d’Ubisoft ont déjà baissé de 10 % en deux ans. « Ce qui se passe à Ubisoft International risque de se passer ailleurs dans des studios en France », redoute-t-il.
L’annonce le 21 janvier d’une nouvelle organisation interne, au prix de l’annulation de plusieurs jeux et d’une cure d’austérité de 200 millions d’euros sur deux ans, a également soufflé sur les braises de la contestation sociale qui avait agité le groupe en 2024 autour d’une réduction du télétravail et des conditions salariales.
Nouvelles structures de création
À partir d’avril, cinq structures, appelées « maisons de création », réuniront par spécialité une moitié des studios d’Ubisoft, tandis que l’autre moitié servira de soutien aux différents projets. Les équipes technologiques, de production, marketing et de distribution seront mutualisées.
« Les gens à la tête de l’entreprise ont fait des choix industriels désastreux » et « on n’a plus confiance en eux », déplore pour sa part Pierre-Etienne Marx, membre du Syndicat des travailleurs du jeu vidéo.
Réponse de la direction
De son côté, la direction assure que le nouveau modèle opérationnel du groupe permettra d’être plus compétitif. « Nous sommes conscients que ces évolutions, notamment en matière d’organisation du travail, suscitent des réactions fortes », a déclaré lundi Ubisoft à l’AFP.
Le groupe assure multiplier « des temps d’échange et des réunions d’information » pour répondre aux inquiétudes et conserver « un dialogue ouvert et constructif » avec les salariés.
Difficultés financières et restructurations
Empêtré dans des difficultés financières et plombé par plusieurs lancements de jeux en demi-teinte ces dernières années, le groupe a vu son action s’effondrer de près de 95 % en cinq ans sur les marchés.
Soumis à plusieurs plans d’économies, Ubisoft a fermé plusieurs de ses studios à l’étranger, notamment à San Francisco (États-Unis), Osaka (Japon), Leamington (Royaume-Uni), Stockholm (Suède) et Halifax (Canada). Il a également mené des restructurations au sein de studios à Abu Dhabi, en Finlande ou encore en Suède.
Le numéro 1 français, qui compte environ 17.000 salariés dans le monde, s’est séparé de plus de 3.000 employés ces dernières années.
