Les syndicats d’Arc France, fabricant nordiste de produits en verre pour les arts de la table, ont réagi après une rencontre à Bercy le lundi 9 février 2026, suite à la mise en redressement judiciaire de l’entreprise le 7 janvier 2026. Le tribunal de commerce de Lille décidera du meilleur projet de reprise le 18 février 2026.
Un contexte de crise
Les syndicats ont été reçus lundi après-midi à Bercy avec les élus locaux. Étaient présents à cette réunion de travail le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, et le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou.
À la sortie de la réunion, Sébastien Martin a déclaré : « Nous faisons tout pour limiter au maximum l’impact sur l’emploi tout en assurant la possibilité de redémarrage de cette entreprise, parce que ce qui est important, ce n’est pas que nous nous retrouvions à nouveau dans un an avec un énième plan de reprise et de relance d’Arc ».
Il a également précisé : « Le troisième point sur lequel nous allons travailler… c’est l’organisation que nous allons mettre en place à l’intérieur de l’entreprise pour accompagner celles et ceux qui, en fonction du dossier et du projet qui sera repris, pourraient perdre leur emploi et donc ont besoin d’un accompagnement spécifique. »
Vendre du rêve et promettre qu’il n’y aura pas de suppression de postes sur ce site, je ne peux pas le faire et je ne le ferai pas.
Sébastien Martin, ministre délégué à l’Industrie
Des mesures pour les employés
Interrogé sur la possibilité de sauver Arc sans supprimer des emplois, le ministre a répondu : « Nous, on travaille pour que l’impact sur l’emploi soit le moins fort possible. Maintenant, vendre du rêve et promettre qu’il n’y aura pas de suppression de postes sur ce site, je ne peux pas le faire et je ne le ferai pas ».
Frédéric Specque, délégué syndical CGT Arc, a rapporté les résultats de l’entretien à Bercy : « On était tous venus avec des demandes de mesures d’âge en cas de Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE) et de suppressions de postes. Aujourd’hui, on nous a répondu qu’elles ne seraient pas prises en charge par l’État. La solution qui resterait éventuellement, c’est que le repreneur puisse ajouter une part de financement pour gérer ce plan de départ ».
Réactions des représentants régionaux
Les délégués CFDT, CFE-CGC, Unsa et Sud Chimie/USS étaient également présents lors de la rencontre. Xavier Bertrand, président de la Région Hauts-de-France, a exprimé sa préoccupation : « Tout le monde préfère qu’il n’y ait pas de licenciements. Mais la vérité, c’est qu’on veut aussi savoir où l’on va avec Arc. […] Garder Arc avec le plus de salariés possible, évidemment. […] Mais il faut aussi savoir quel est le projet qui va préserver un maximum de salariés dans les années qui viennent. »
Offres de reprise en cours
Deux offres de reprise sont à l’étude par le tribunal de commerce de Lille pour Arc, qui emploie environ 3.500 salariés à Arcques (Pas-de-Calais). La première offre vient de Timothée Durand, petit-fils de Jacques Durand, ancien patron emblématique du verrier. L’autre candidate emblématique est Patrick Puy, ancien président de l’entreprise.
Timothée Durand prévoit « le maintien de 2.700 emplois sur le site français d’Arques », selon une source proche du dossier, incluant 300 licenciements et tablant sur 500 départs volontaires, dont 400 départs anticipés à la retraite et 100 départs spontanés.
De son côté, Patrick Puy a promis « zéro licenciement » avec une stratégie axée sur la relocalisation des activités en France, sans cependant détailler la provenance des fonds qu’il souhaite investir sur le site (entre 60 et 70 millions d’euros).
Un historique de difficultés financières
Le groupe a bénéficié, par le passé, de multiples plans de refinancement soutenus par l’État et les collectivités locales, le dernier datant d’il y a un an avec un nouveau prêt de l’État de 30 millions d’euros. En plus du site d’Arques, le groupe possède trois usines à l’étranger : aux États-Unis, en Chine et aux Émirats arabes unis. Fondée en 1825, l’entreprise produit des ustensiles pour la table sous les marques Arcoroc, Luminarc, Cristal d’Arques Paris et Chef et Sommelier, et des produits d’entrée de gamme pour Ikea. Les effectifs de l’entreprise ont persisté à diminuer, ayant presque été divisés par trois depuis les années 2000.
Avec AFP
