Les positions politiques du chanteur latino Bad Bunny ont poussé l’organisation Turning Point USA, fondée par le militant ultraconservateur Charlie Kirk, à préparer un concert « alternatif » pour la pause de ce match très regardé.
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Les Américains divisés jusque dans leur salon. Le Super Bowl, rencontre finale de la Ligue nationale de football américain (NFL), fait autant jaser les parieurs sportifs que les commentateurs politiques pour sa 60e édition, prévue dans la nuit du dimanche 8 au lundi 9 février (heure de Paris) à Santa Clara, sur la côte ouest des États-Unis.
L’événement sportif le plus regardé du pays, avec 127 millions de téléspectateurs nationaux en 2025, prévoit cette année un concert du groupe de rock Green Day pour l’avant-match, et du chanteur Bad Bunny pour le très attendu show de la mi-temps. Mais les discours de ces artistes, hostiles à Donald Trump, sont loin d’enchanter les partisans du président américain, qui sont appelés à regarder un concert « alternatif » quand les joueurs des Patriots et des Seahawks regagneront leurs vestiaires.
La politique s’est souvent invitée dans le football américain ces dernières années, avec le célèbre genou au sol initié par le joueur Colin Kaepernick en 2016, mais aussi la mise en scène engagée du rappeur Kendrick Lamar lors du dernier Super Bowl, rappelle le média The Conversation. Mais pour cette première finale depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, les tensions sont à leur comble. Le chanteur Billie Joe Armstrong du groupe Green Day répète à longueur de concert son aversion pour le président américain et son mouvement MAGA (pour « Make America Great Again »), qu’il compare volontiers aux suprémacistes blancs du KKK.
Quant à l’artiste portoricain Bad Bunny, couronné du Grammy Awards du meilleur album de l’année, il est également très critique envers les politiques de Donald Trump, notamment contre l’ICE, la très controversée police fédérale de l’immigration soutenue par le président américain. « Dehors, l’ICE ! », a-t-il encore lancé lors de la cérémonie des Grammys. Bad Bunny, qui ne chante qu’en espagnol, irrite les nationalistes américains, tandis que Donald Trump milite pour établir l’anglais comme langue officielle. Face à cette programmation musicale, le président américain a critiqué « un choix terrible », « qui ne fait que semer la haine », selon lui. Il a de plus fait savoir qu’il ne se trouvera pas dans les tribunes pour la grande finale, alors qu’il avait fait le déplacement en 2025.
Dimanche soir, la bataille des télés commandes aura donc lieu pour la mi-temps du match. Cette année, la rencontre est diffusée officiellement par la chaîne câblée NBC, ainsi que sur certaines plateformes de streaming. Lors de la grande pause, les partisans de Donald Trump sont appelés à basculer sur un spectacle « entièrement américain », selon le terme employé par Turning Point USA, l’organisation ultraconservatrice fondée par le militant Charlie Kirk, assassiné sur un campus le 10 septembre 2025. Ce dernier avait souligné l’importance du Super Bowl pour sa bataille culturelle, dans un extrait utilisé pour promouvoir le concert.
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