Pierre Lemaitre conclut sa série sur les Trente Glorieuses avec Les belles promesses (Calmann Levy). Promesses d’avenir radieux en cette fin des années 1960, où la voiture règne et le périphérique se construit. Mais c’est aussi un roman noir de la famille Pelletier.
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Les belles promesses sont donc le quatrième et dernier volume de la saga familiale des Pelletier durant les Trente Glorieuses. Pierre Lemaitre mentionne qu’il ressent « un petit post-partum pas toujours agréable » lorsqu’il s’agit d’abandonner des personnages qui l’accompagnent depuis plusieurs années.
Le lecteur retrouve Jean, surnommé Bouboule, à la fois complexe et meurtrier, sa femme Geneviève, qui est dominatrice et détestable, ainsi que François, le cadet, journaliste qui enquête sur les crimes de son propre frère. « Retour au roman noir et au policier », déclare Pierre Lemaitre, « parce que dans ce genre littéraire, les passions sont chauffées à blanc. On est là sur des tragédies intimes, et c’est plus porteur sur le plan littéraire. » La toile de fond familiale est ainsi plus dramatique que jamais dans ce dernier volume, se déroulant dans une France en plein bouleversement.
L’auteur met en lumière la ville, qui se transforme radicalement avec le triomphe de la voiture. Il la considère comme « le symbole de ces années-là », et ajoute « C’est à la fois le mythe de l’indépendance, de la mobilité et de la progression sociale. » Des chapitres haletants sont consacrés à la construction du périphérique parisien, véritable écrin pour la voiture, qui entraîne l’expulsion de nombreux riverains. « On rêvait de partir de Lille à Marseille sans s’arrêter, et au lieu de cela, sur le périphérique, la ville tourne en rond. » Conclut Pierre Lemaitre. La campagne, quant à elle, change également de visage, avec l’exode rural, le remembrement et les exclus de l’agriculture productiviste.
Les Belles Promesses mettent fin à ce cycle romanesque, mais pas à la traversée du siècle pour la famille Pelletier. D’ores et déjà, la suite est en chantier. Ce seront les années 1970-1980. Comme le précise Pierre Lemaitre, « le XXe siècle se termine avec la chute du mur de Berlin en 1989 ». Nous retrouverons la troisième génération des Pelletier : « Ils auront à ce moment-là dans les 20 ans, l’âge idéal pour être des personnages de roman », savoure déjà Pierre Lemaitre.
Les Belles promesses de Pierre Lemaitre, publié chez CalmannLevy.
