Le chanteur Bad Bunny a récemment remporté, lors des Grammy Awards, le prix de l’album de l’année pour « Debí Tirar Más fotos », une première pour un disque entièrement en espagnol. Il a ainsi profité de l’occasion pour critiquer ICE, la police de l’immigration sous l’administration de Donald Trump. De plus, il est attendu pour réaliser un spectacle à la mi-temps du Superbowl, qui se déroulera la nuit prochaine en Californie.
Publié le 07/02/2026 à 08:37
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Bad Bunny est l’artiste le plus streamé au monde. Depuis le début de sa carrière, il ne cesse de s’attaquer aux politiques de Donald Trump. Lors de sa première prestation à la télévision américaine, le 27 septembre 2018, il a 24 ans et s’apprête à chanter sur le plateau du célèbre The Tonight Show. Ses performances sont marquées par des messages puissants, notamment à propos de Porto Rico, son île natale, dévastée par un ouragan un an auparavant, un événement qui a fait des milliers de morts. Cependant, Donald Trump, à l’époque président, a minimisé la situation en disant qu’il y avait eu « entre 6 et 18 morts ».
Les Portoricains, souvent délaissés par Washington, se tournent vers Bad Bunny comme porte-parole. Ce soir-là, il déclare : « Cela fait un an que l’ouragan a frappé. Il y a encore des gens sans électricité chez eux, plus de 3.000 personnes sont mortes et Trump est toujours dans le déni ! Mais vous savez quoi ? Estamos Bien (On va bien) ».
« Je suis quelqu’un de spontané. Quand je pense à quelque chose je le fais, quand je ressens quelque chose je le dis. Je ne pense pas aux conséquences. Donc voilà, ça m’est venu naturellement : j’avais envie de le faire, je l’ai fait. »
Bad Bunny montre ainsi son désir de prendre position contre la politique de Trump. En 2025, à la suite de la sortie de son dernier album, il annonce une tournée mondiale sans passer par les États-Unis, déclarant que « ICE pourrait attendre à la sortie » de ses concerts. Dans le clip de son morceau NuevaYoL, prévu pour le 4 juillet, il imagine Trump s’excusant auprès des immigrés : « Je me suis trompé, je présente mes excuses aux immigrés. Ce pays n’est rien sans ses immigrés. »
Originaire de Vega Baja, sur la côte nord de Porto Rico, Bad Bunny a toujours aimé faire le clown. Son surnom vient de son expérience d’enfance où, vers l’âge de 6 ans, il devait porter un costume de lapin pour Pâques. Fils d’un routier et d’une institutrice, le jeune Benito chante à la chorale de l’église et divertit ses amis avec ses freestyles. En 2016, alors qu’il est encore étudiant et travaille dans un supermarché, il commence à publier ses premiers morceaux en ligne.
En 2018, Bad Bunny est déjà devenu une star, combinant sa passion pour la musique avec des engagements sociopolitiques. En 2019, lorsque les Portoricains manifestent contre leur gouverneur, accusé de corruption et de sexisme, il interrompt sa tournée en Europe pour retourner sur son île et se joindre à la protestation : « Porto Rico ne va pas se laisser faire. Bienvenue à la génération ‘je ne me laisse pas faire’, je vous aime Porto Rico. Il nous faut un nouveau gouvernement, un nouveau système éducatif, il faut montrer à ces gamins qu’ils ont un avenir. »
À la télévision, Bad Bunny rend également hommage à Alexa, une femme trans assassinée à Porto Rico, et dénonce la violence machiste contre les femmes lors des Billboard Music Awards. Sa démarche, parfois jugée provocante, comme lorsqu’il porte des robes ou du vernis à ongles, fait de lui une figure emblématique, défiant les conventions du genre tant dans son rôle de superstar que de sex symbol latino.
« Ce qui est sûr, c’est que depuis que je suis tout petit, je n’aime pas suivre la norme. À l’école s’il y avait un modèle, je ne voulais pas l’adopter. C’est comme si, depuis tout petit, je n’avais jamais aimé me voir comme les autres. »
Avec son second album solo en 2020 intitulé Je fais ce qui me plaît, Bad Bunny continue d’affirmer sa personnalité unique et son engagement envers les causes qui lui tiennent à cœur.
