Ilia Malinin, le premier patineur au monde à avoir réalisé un quadruple axel en compétition internationale, à seulement 17 ans, s’est imposé comme un athlète d’exception. Actuellement détenteur du record du monde du nombre de points obtenus sur un programme libre, avec un score de 227,79 points à 19 ans, il reste invaincu depuis novembre 2023. Avec deux titres mondiaux à son palmarès et une avance considérable sur ses concurrents, Malinin se profile comme le grand favori pour la médaille d’or olympique, lors des Jeux qui se dérouleront le mardi 10 et le vendredi 13 février prochain.
A l’âge de 21 ans, pour sa première apparition aux Jeux Olympiques, le leader de l’équipe des États-Unis est bien conscient qu’il devra avant tout <concourir contre lui-même>. Depuis le début de la saison, la nouvelle étoile du patinage artistique s’est confiée à Franceinfo:sport, après avoir remporté les Internationaux de France à Angers le 19 octobre.
Un moment mémorable dans une carrière prometteuse
Franceinfo:sport : Vous allez disputer vos premiers Jeux olympiques. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?
Ilia Malinin : C’est quelque chose de très grand et de mémorable dans ma carrière, d’autant que mes parents, qui sont aussi mes entraîneurs, ont été deux fois olympiens. Ça sera vraiment bien de marcher dans leurs pas et d’aller, au moins une fois, aux JO. Étant donné que je suis le favori à l’or cette année, j’espère vraiment être à mon meilleur niveau pour avoir la chance de présenter un très bon programme sans erreur.
Conseils de famille et gestion de la pression
Avez-vous discuté avec vos parents de leurs propres expériences olympiques ?
Pas vraiment. La seule chose qu’ils m’ont dite, c’est que les JO sont un événement très important et très différent des autres compétitions. Au final, ils m’ont conseillé d’aborder les Jeux comme n’importe quelle autre compétition.
Ils ne vous ont pas donné d’autres conseils ?
Ce sont plutôt des conseils généraux, comme avancer une étape après l’autre, ne pas se précipiter et laisser la mémoire des muscles prendre le relais.
Vous êtes double champion du monde en titre, grand favori à l’or olympique. Comment allez-vous gérer cette pression ?
La principale pression sera celle de concourir contre moi-même, de mener cette bataille mentale. Je suis prêt à endurer cette pression, à la gérer et à trouver comment faire. Je suis vraiment impatient d’aller aux JO, de voir comment tout cet environnement va m’affecter et ce que je vais devoir faire pour rester dans ma zone de confort.
Sans préparateur mental, mais avec passion
Vous êtes-vous entouré d’un préparateur mental pour vous aider sur cet aspect ?
Non, je n’ai jamais essayé, et jusqu’ici je m’en sors sans. Je préfère apprendre de mes propres expériences. Si j’ai eu une mauvaise journée ou si je traverse une période plus difficile, je trouve que je comprends beaucoup mieux si je cherche par moi-même une solution. Pour certaines personnes, recevoir des avis extérieurs les aide. Mais moi, j’ai l’impression d’apprendre vraiment vite.
Quand je suis stressé ou nerveux, j’arrive généralement à me calmer en me disant que tout ira bien, que je me suis entraîné suffisamment, que je n’ai qu’à aller sur la glace et faire confiance à ma mémoire musculaire. Et, si j’ai besoin de parler, j’ai mes chats (rires).
Une légende en construction
Vous aurez seulement 21 ans aux JO. Mais vous construisez déjà votre propre légende en devenant le premier à avoir réalisé un quadruple axel. Avez-vous réfléchi à l’héritage que vous aimeriez laisser ?
Oui, j’aimerais vraiment que le patinage artistique retrouve sa popularité d’antan. Il y a quelques décennies, les compétitions se tenaient à guichets fermés dans d’immenses patinoires, les patineurs gagnaient beaucoup d’argent et étaient traités comme de véritables athlètes et artistes.
« Aujourd’hui, le patinage artistique est moins bien perçu, car il n’est plus capable d’offrir ce qu’il faut au public. »
Ilia Malinin, double champion du monde de patinage artistique
Les spectateurs veulent quelque chose de plus personnel, de plus libre, apprendre à nous connaître. La Fédération internationale pourrait changer certaines choses pour faire revenir la popularité du patinage artistique. C’est essentiel qu’elle prenne en compte les retours et la voix des patineurs.
Attirer davantage le public
Avez-vous des exemples en tête pour attirer davantage de public ?
Tout d’abord, faciliter la compréhension du public et mieux leur faire comprendre à quel point la compétition est juste. La plupart des patineurs savent que les sauts rapportent le plus de points dans le programme. Tout le monde essaie donc d’obtenir un maximum de points et se concentre sur les sauts.
Mais il est important que les patineurs se poussent, techniquement, artistiquement, en prenant des risques sur la glace, et en apportant quelque chose d’unique.
« Il faudrait davantage de variété dans le patinage, plutôt que d’avoir tout qui se ressemble. »
Ilia Malinin, double champion du monde de patinage artistique
En quête de perfection
Vous possédez déjà le record du monde du programme libre. Sur quels aspects pensez-vous pouvoir progresser ?
Je peux encore beaucoup m’améliorer : sur la technique des sauts et des pirouettes, mais également sur le plan créatif et artistique concernant la chorégraphie, les petits pas et les transitions. Je me dis toujours que je peux progresser, c’est mon objectif à chaque compétition. Si je ne constate aucun progrès, j’essaie d’observer et de comprendre ce que je dois travailler davantage.
Nouveaux défis pour l’avenir
Vous travaillez sur de nouveaux sauts, notamment le quintuple. Comptez-vous le présenter aux JO ?
Depuis le début de la saison, je ne m’entraîne plus sur les quintuples, mais je l’ai fait durant l’été. J’espère qu’après les JO, nous organiserons un événement où je pourrai le présenter pour la première fois devant un public.
Qu’est-ce qui vous motive au quotidien ?
Ma passion pour le patinage. J’aime les sensations que ce sport procure, le fait que l’on puisse exprimer ses émotions, sa créativité et se sentir comme un athlète ou un artiste. Il existe plusieurs approches en patinage artistique, c’est ce qui est beau : chacun peut être unique et différent.
Conclusion
Il y a des jours difficiles, il faut s’entraîner très dur, mais au final, si l’on est passionné, on peut trouver ce qui nous aide à rester motivé. Ce n’est pas vrai seulement dans le patinage, mais dans la vie en général.
Qu’est-ce que vous préférez dans votre sport ?
Etre libre sur la glace et pouvoir apporter ma propre personnalité à la façon dont je patine. Tout le monde n’est pas encore accoutumé à cela, car ils ont été habitués à une seule manière de faire.
« Si l’on parle à l’ancienne génération de patineurs, ils diront que le public
FONTE
