L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a été élu ce jeudi à l’Académie française avec 25 voix sur 26 votants. « C’est rare qu’il y ait une telle unanimité », a souligné sur Franceinfo Jean-Christophe Rufin.
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(PIERRICK DELOBELLE / MAXPPP)
« C’est une élection formidable », a réagi jeudi sur Franceinfo l’écrivain Jean-Christophe Rufin, après l’élection de Boualem Sansal à l’Académie française. « C’est une très belle élection, c’est rare qu’il y ait une telle unanimité », souligne le diplomate, membre lui-même de l’Académie française.
Jean-Christophe Rufin rappelle qu’il a « soutenu » l’écrivain franco-algérien pendant son incarcération en Algérie. « Je l’ai soutenu et j’ai fait partie de ceux qui avaient proposé que nous l’élisions pendant qu’il était incarcéré. » Il évoque « un très vif débat au moins de novembre » au sein de l’Académie, « certains pensant que cela aurait pu manifester son appartenance à la France et à l’univers francophone », quand d’autres académiens « considéraient au contraire qu’il valait mieux rester prudent ».
Jeudi, pour l’élection, les Immortels ont donc « immédiatement tenu compte des débats d’avant ». Boualem Sansal « mérite très largement de figurer dans notre compagnie », estime Jean-Christophe Rufin. « C’est un très grand écrivain qui était de toute manière ‘dans les tuyaux' ». Il figurait « parmi les futurs candidats ».
Vis-à-vis de l’Algérie, l’élection de Boualem Sansal à l’Académie française envoie, selon Jean-Christophe Rufin, « un message de fermeté », parce qu’il s’est « toujours montré très critique et très libre par rapport au pouvoir algérien, et aussi à l’égard des terroristes islamistes ». « C’est quelqu’un qui a une parole très libre et très engagée. » Mais le diplomate y voit également « un message de fraternité, parce que il y a cette langue française qui nous réunit malgré tout ».
L’écrivain franco-algérien a choisi le français comme « la langue d’expression pour ses romans », rappelle Jean-Christophe Rufin. « C’est quelqu’un qui s’est battu pour ça et qui en a payé le prix d’une certaine manière. »
« Je pense qu’il y a chez beaucoup d’Algériens une forme de fierté de voir que l’un des leurs est un grand écrivain, et pas seulement en France », ajoute Jean-Christophe Rufin. Boualem Sansal est « reconnu dans le monde entier ». « Il a eu des prix dans de très nombreux pays, il est traduit dans le monde entier et je pense que c’est un motif de fierté pour l’Algérie. »
