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(SOPHIE AUVIGNE / FRANCEINFO)
La Maison Poursin façonne depuis 200 ans des pièces pour les grandes marques françaises de luxe. Cependant, le principal client de l’atelier a annoncé qu’il renonçait au laiton pour des raisons jugées écologiques.
La semaine de la haute couture commence lundi 26 janvier à Paris. Les mannequins défileront avec des boucles de ceintures et de sacs en laiton façonnées par la maison parisienne Poursin, mais tout cela risque de disparaître. Après 200 ans d’existence, le dernier atelier de laiton, situé près de la gare de l’Est à Paris, est menacé.
Ils ont tous franchi la porte de la Maison Poursin : Louis Vuitton, Emile Hermès, Coco Chanel, créateurs des premières maisons françaises de luxe. Aujourd’hui, le principal métier de l’atelier est en péril.
Sacha, jeune soudeur sur laiton âgé de 34 ans, a plusieurs années de formation. Il fabrique des boucles de ceinture, parfois des clous de selle de cheval, toujours pour le monde du luxe. « Je ne connais personne qui fait le même métier que moi. C’est avec un chalumeau, mes mains et du fil d’argent. Mais en ce moment, c’est un peu compliqué avec le marché chinois qui s’impose beaucoup. J’espère qu’on arrivera à perdurer et que ça fonctionnera encore. »
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Une inquiétude légitime, car le principal client de l’atelier vient d’annoncer qu’il renonce au laiton français pour passer à l’inox chinois, censé être plus écologique.
Clause de confidentialité oblige, on ne révélera pas le nom de cette marque de luxe, mais le patron de la Maison Poursin, Karl Lemaire, ne se prive pas d’expliquer que l’inox est un non-sens pour ses accessoires. « L’empreinte carbone de cette boucle en inox est catastrophique, » déplore-t-il. « Il faudrait déjà la faire venir d’Asie puisque c’est le principal producteur d’inox, et puis il faut le travailler, chauffer le métal à rouge, c’est-à-dire deux fois plus. L’impact est énorme. Il nous faut changer l’ensemble des machines, c’est une hérésie environnementale. »
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À l’inverse, le laiton est malléable, ce qui fait toute la différence, par exemple avec la cavalière du cheval métallique en ouverture des Jeux olympiques de Paris. Sur sa tenue, une boucle de ceinture Poursin. « Voyez comment c’est travaillé. Ça reprend la forme de la corde, qui est en toile de jute, » relève Karl Lemaire. « Comment voulez-vous obtenir ça avec de l’inox ? C’est strictement impossible. On est obligé de la travailler manuellement. Sur de l’inox, vous n’aurez pas la précision des ciselures, on aurait quelque chose de grossier. »
Or, le laiton acheté en Normandie est six à huit fois plus cher que l’inox importé de Chine. C’est tentant, même pour certaines grandes marques de luxe.
