Dans la nuit de jeudi à vendredi, s’est tenue la Nuit de la Solidarité, une opération de recensement des personnes vivant dans la rue. L’objectif est d’évaluer leurs besoins afin d’améliorer les dispositifs d’aide. L’an dernier à Paris, 3.507 personnes sans-abri ont été comptabilisées.
Mobilisation des bénévoles
Près de la station de métro Léo Lagrange, une petite équipe part à la rencontre des sans-abri. Il est 22h et il faut recenser toutes les personnes sans hébergement ce soir. Les abords de parking, les porches, les tunnels, chaque recoin où peuvent s’abriter les sans domicile sont passés au crible. Cette nuit-là, il n’est pas facile de repérer les démunis, souvent méfiants, qui se cachent à la vue des bénévoles. Vers 23h, une première rencontre a lieu : une personne dort sous une tente.
« Une petite soupe », propose une bénévole. « Je voudrais bien un café », lui répond le sans-abri. Sous la tente, un homme de 49 ans, malade, est à la rue depuis 2021. « Il cherche à s’en sortir mais visiblement, il a la sensation de ne pas trouver les outils ou les bonnes ressources et de ne pas être accompagné. C’est toujours un peu délicat dans ce genre de situation. Nous essayons d’orienter vers les ressources, de vérifier si la personne est suivie par un travailleur social. », explique Claire Turnbull, bénévole pour la Croix-Rouge Française.
Les défis de l’hébergement d’urgence
Pour quadriller la ville, plus de 80 bénévoles ont été répartis quelques heures plus tôt en mairie. Cette mobilisation, qui se déroule pour la quatrième fois à Villejuif, est jugée nécessaire mais teintée d’un goût d’amertume, car la précarité est grandissante. « La situation du sans-abrisme se creuse en réalité année après année. La raison est simple. Il n’y a pas assez d’hébergements d’urgence. Il n’y a pas assez de logements construits et, à rebours de ça, le gouvernement typiquement, pour le budget 2026, va ponctionner presque un milliard d’euros dans les caisses de l’État. », déplore Antonin Coins, adjoint au maire de Villejuif, chargé de l’action sociale et des solidarités (PCF).
Un besoin urgent d’action
L’année dernière, dans toute l’Île-de-France, les équipes de la Nuit de la Solidarité ont rencontré plus de 4.000 personnes à la rue. Un travail essentiel pour ajuster les besoins des sans domicile, et parfois procéder à une mise à l’abri d’urgence.
A. Blanchard, N. Métauer, N. Matigot, A. Cohen, France 3 Paris Île-de-France
