Le procès de l’ancien sénateur Joël Guerriau s’est terminé avec sa condamnation pour l’affaire qui l’oppose à Sandrine Josso, députée de Loire-Atlantique. Ce mardi soir, il a été condamné à 4 ans de prison dont 30 mois avec sursis, alors que le parquet avait requis quatre ans dont trois ferme.
Les faits reprochés
Pour le délit de soumission chimique, Joël Guerriau encourait 5 ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende. Les juges de la 10ème chambre correctionnelle de Paris ont délibéré près de 5 heures. Ils ont écarté l’acte d’inadvertance avancé par Guerriau, reconnaissant une intention de sa part d’aboutir à une agression sexuelle.
Le Tribunal a considéré que l’infraction de détention de stupéfiant est établie. Guerriau est également sous le coup d’un mandat de dépôt à effet différé, et il est inéligible pendant 5 ans, sans inscription au FIJAIS (Fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes).
Les témoignages
Après les témoignages des deux parties lundi, le tribunal a entendu ce mardi après-midi le réquisitoire du procureur, Benjamin Coulon, et les plaidoiries de la partie civile et de la défense. En fin d’après-midi, Joël Guerriau, 68 ans, a pris la parole.
« Je suis totalement écrasé par ce que le Procureur a dit, je n’ai jamais eu l’intention de commettre une agression ou de faire du mal à Mme Josso, je l’ai dit et répété. »
« C’est un cataclysme. J’ai l’impression qu’on me reproche d’avoir de la compassion pour Sandrine. Je n’ai jamais eu cette intention de soumission chimique. »
Les arguments de la défense et de l’accusation
Me Arnaud Godefroy, avocat de Sandrine Josso, a affirmé que Joël Guerriau ne fait que mentir sur ses intentions. Il a insisté sur le fait que Guerriau avait préparé la soirée en jouant avec les lumières pour accentuer les effets de la MDMA, une drogue souvent utilisée dans les cas de soumission chimique.
De son côté, l’avocat général, Benjamin Coulon, a demandé une condamnation. Selon lui, le prévenu a intentionnellement intoxiqué Sandrine Josso dans un but sexuel, un fait jugé « inconcevable » au regard de la nature du produit qu’il détenait.
Les répercussions sur Sandrine Josso
Sandrine Josso, depuis les événements du 14 novembre 2023, a souffert de nombreuses complications, incluant des douleurs physiques et des troubles psychologiques significatifs, allant jusqu’à des suivis psychiatriques. Elle a décrit son état post-traumatique, mentionnant un stress accru en public, et des symptômes tels que des nausées et des palpitations.
Conclusion du procès
Ce procès s’est intensifié autour des thématiques de soumission chimique et d’abus de pouvoir en raison du statut de Joël Guerriau. Alors que la défense a plaidé pour une relaxe, l’atmosphère dans la salle a été marquée par des émotions fortes. La sentence finale a mis en exergue la gravité des accusations et la nécessité d’une réponse judiciaire ferme face à des actes aussi répréhensibles.
