À 5.000 km de Téhéran, des Français aident le peuple d’Iran à se battre contre le régime des Mollahs. Si la révolte de janvier 2026 s’est terminée dans un bain de sang, leur détermination reste intacte. Parmi eux, Pierre Martin, un militant basé à Toulouse, a souhaité témoigner de son combat au sein du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) qu’il aide depuis 10 ans.
Les 8 et 9 janvier 2026, l’Iran a connu la plus grande contestation depuis l’instauration de la république islamique en 1979. Ils sont des milliers à descendre dans la rue pour demander la fin du régime. Déstabilisé, le gouvernement a réagi violemment. Internet et le réseau téléphonique ont été coupés, et la police a tiré sur la foule, faisant 3.117 victimes selon les autorités, et jusqu’à dix fois plus selon plusieurs ONG. Malgré cette brutalité, la colère des opposants demeure vive, avec des mobilisations tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Plusieurs groupes de résistance se sont formés à travers le monde.
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Le CNRI, basé en France, se présente comme « une coalition d’organisations, de groupes et de personnalités démocratiques iraniens ». Fondé en 1981 à Téhéran par Massoud Radjavi, il compte 465 membres issus de diverses composantes ethniques religieuses de l’Iran. Parmi eux se trouvent également des militants français, tels que Pierre Martin, âgé de 49 ans, community manager passionné par les contenus politiques et les thématiques internationales.
« J’ai commencé par gérer des espaces de discussion pour de grands groupes de médias sur des sujets géopolitiques, là où la frontière sur la liberté d’expression est très fine. Les droits humains ont toujours été au cœur de mon travail. » Pierre Martin, militant français de la CNRI
Selon Pierre, malgré la répression sanglante du soulèvement de janvier 2026, qui a fait des milliers de morts, les mouvements de protestation se poursuivent dans tout le pays. Étudiants, retraités et commerçants restent mobilisés, soutenus par une résistance organisée. Les actions quotidiennes contre le régime augurent d’une confrontation durable. La théocratie iranienne fait face à une convergence de crises que la répression ne résoudra pas : effondrement du pouvoir d’achat, colère sociale et sanctions internationales liées à sa politique répressive.
Organisation de la résistance en Iran et en France
En Iran, la résistance s’organise principalement autour des Unités de Résistance, qui sont des groupes composés de deux à une vingtaine de personnes, structurés dans les quartiers, les lieux de travail ou les universités, menant des actions ciblées contre les institutions répressives ainsi que contre les symboles du pouvoir en place. Ce réseau est associé aux Moudjahidine du peuple (l’OMPI) et ses actions se multiplient en intensité malgré la répression.
Ces unités représentent un réseau structuré, enraciné dans la population et capable de défier le régime. Au cours de l’anniversaire de la révolution antimonarchique, plus de quinze opérations ont été menées à Téhéran et dans plusieurs autres villes, visant notamment des bases des Gardiens de la révolution.
En France, la résistance s’organise autour du CNRI et de ses soutiens, qui œuvrent pour :
- Un plaidoyer auprès des élus et des institutions
- Des manifestations régulières pour sensibiliser l’opinion sur la résistance et la répression en Iran
- Un relais constant sur les réseaux sociaux des actions menées en Iran, afin de créer un pont entre la résistance intérieure et la communauté internationale.
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Rôle au sein du CNRI
Pierre Martin participe à la communication digitale et aux réseaux sociaux. Au cours de ses dix années d’engagement, il a animé de nombreux comptes consacrés à la résistance, avec pour objectif de faire connaître la situation en Iran, de défendre les droits humains et d’alerter les décideurs publics. Lors du soulèvement de janvier, ses comptes ont été parmi ceux qui ont diffusé les images des massacres.
« Les réseaux sociaux sont un véritable champ de bataille face à la propagande du régime, aux soutiens du fils du Shah et à ses milliers de bots, ainsi qu’aux campagnes de désinformation orchestrées par le régime et malheureusement relayées par certaines personnalités politiques. »
Pourquoi s’exprimer maintenant ?
Pierre souhaite avant tout faire connaître le combat de la résistance iranienne, alors même que des soutiens du fils de l’ancien dictateur Shah tentent de le faire passer pour l’opposition, manipulant les images et utilisant des fermes à trolls, bien qu’il ne dispose d’aucun soutien réel en Iran. Le CNRI, en tant que source fiable d’informations et d’images en provenance d’Iran, joue un rôle crucial.
« Je veux aussi montrer que les réseaux sociaux peuvent servir des causes justes. » Dans ce contexte, il reste impératif d’alerter sur la peine de mort imminente de jeunes qui demandent simplement la liberté.
Réussite sur les réseaux sociaux
La résistance iranienne a rapidement compris l’importance des réseaux sociaux et a construit une communauté très engagée. À l’époque de Twitter, des « tweet storms » étaient organisés pour contrer ceux du régime, rendant la résistance beaucoup plus visible au niveau mondial. Aujourd’hui, des hashtags comme #NiChahNiMollah émergent et parviennent à devancer les événements populaires.
Avenir de l’Iran
Pierre reste convaincu que le régime des Mollahs finira par tomber, car c’est une question d’ordre historique. Il affirme que le changement viendra du peuple iranien et de sa résistance, sans ingérences étrangères. La révolution qui avait renversé le Shah a été confisquée, mais maintenant, les Iraniens réclament une république libre, démocratique et laïque, et le mouvement intérieur est déjà en marche.
