Le groupe automobile Stellantis, dont l’usine historique est basée à Sochaux (Doubs), annonce ce jeudi 26 février 2026 une perte de 22,3 milliards d’euros en 2025. Cinq ans après la fusion des groupes PSA et Fiat Chrysler, cette perte est une première dans l’histoire de l’entreprise.
C’était une annonce attendue. Après cinq années de rentabilité exceptionnelle, Stellantis dévoile ses résultats financiers pour l’année 2025, et les nouvelles ne sont pas bonnes. La multinationale, dont l’usine est installée à Sochaux, annonce une perte nette de 22,3 milliards d’euros. Il s’agit de la deuxième plus grosse perte financière d’un groupe français dans l’histoire.
Ces résultats s’expliquent en raison d’une charge exceptionnelle de 25,4 milliards d’euros afin de financer un coup de frein dans la production de véhicules électriques, dont les ventes sont très inférieures aux attentes de l’entreprise. Au total, le chiffre d’affaires du groupe a baissé de 2%, atteignant 153,5 milliards de dollars.
Les Défis de la Transition Énergétique
Stellantis se retrouve face à cette situation principalement à cause des difficultés de vente des véhicules électriques. « Nos résultats pour l’année 2025 reflètent le coût d’une surestimation du rythme de la transition énergétique et l’impérieuse nécessité d’entreprendre un ‘reset’ pour replacer au cœur de notre activité la liberté de choix de nos clients au sein d’une gamme complète d’électriques, hybrides, et moteurs thermiques », détaille le groupe dans un communiqué.
Il y avait beaucoup de provisions sur l’électrique mais finalement ça ne se vend pas. Les clients ne veulent pas aller vers le tout électrique, les décisions politiques pèsent sur les salariés.
Jean-Paul Guy
Délégué CFTC Vesoul
Aux problématiques liées à l’électrique s’ajoute « un taux de change catastrophique » et des politiques douanières aux États-Unis toujours complexes. Selon le groupe, le coût des décisions de Donald Trump est estimé à 1,2 milliard d’euros en 2025, et 1,6 milliard d’euros en 2026, même si la Cour suprême a décidé de les invalider.
Réactions et Conséquences
Cette perte financière n’est pas une surprise pour les syndicats ; le 6 février, le groupe avait d’ores et déjà annoncé des charges exceptionnelles très importantes. « On se doutait que les chiffres allaient être catastrophiques, on s’attendait à ce qu’un jour, ce soit plus difficile », déplore Jean-Paul Guy. En conséquence directe, les salariés ne recevront pas de prime d’intéressement cette année, et les actionnaires, quant à eux, ne percevront pas de dividendes.
L’entreprise a d’ores et déjà annoncé que ses résultats financiers seraient désormais annoncés dans une publication trimestrielle. Stellantis a également signifié son souhait de se désengager de plusieurs projets dans le secteur électrique, notamment avec la vente de ses 49% dans NextStar Energy, qui développe la première « gigafactory » de batteries au Canada. Plusieurs modèles thermiques doivent également être relancés.
Les syndicats attendent désormais le 21 mai prochain, date à laquelle Antonio Filosa, président de Stellantis depuis le printemps 2025, dévoilera sa feuille de route pour les deux ou trois années à venir.
