Repas à 1 euro, logement en cité U, bourses… Les étudiants sont appelés à voter, du 3 au 5 février, pour élire leurs représentants, qui siégeront pendant deux ans dans les conseils d’administration des CROUS. Cet article explique les enjeux de ces élections.
En France, les 26 CROUS (Centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires), dont 3 en Île-de-France (Paris, Créteil et Versailles), jouent un rôle central dans la vie quotidienne des étudiants : logements universitaires, restos U, bourses, activités culturelles… Derrière ces services, une instance clé : le conseil d’administration.
À quoi servent les conseils d’administration des CROUS et quelles sont leurs fonctions ?
Tous les deux ans, des représentants étudiants sont élus pour siéger dans ces conseils. Chaque CROUS compte 7 sièges réservés aux élus étudiants qui siègent aux côtés de membres nommés par l’État. Trois fois par an, ils participent aux décisions majeures.
Lors du prochain conseil, le 13 mars, nous aborderons la généralisation du repas à 1 euro, annoncée par le Premier ministre en janvier dernier. Comment cela va-t-il se traduire pour le Crous de Paris ? Comment absorber l’afflux d’étudiants dans nos cafétérias ?, s’interroge Thierry Bégué, directeur général du CROUS de Paris, pour expliquer l’importance de ces élections.
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Les Crous de France appellent à voter pour les élections du conseil d’administration • © Crous
Qui se présente lors de ces élections ?
À Paris, Créteil et Versailles, plusieurs listes étudiantes s’affrontent. On y trouve des listes associatives comme « Bouge ton CROUS », des organisations classées à gauche comme « Le poing levé » ou l’UNEF (Union nationale des étudiants de France), mais aussi des listes se réclamant de droite comme l’UNI (Union nationale inter-universitaires) et d’extrême-droite comme « La Cocarde ».
Pour la première fois, l’UNEF a choisi de présenter une liste commune avec la Coordination et le Renouveau syndical. Objectif affiché : combattre la montée de l’extrême-droite dans les universités.
L’idée est de faire barrage à la Cocarde qui souhaite exclure les étudiants étrangers des aides d’urgence. On constate une présence de plus en plus forte de militants d’extrême-droite sur les campus qui menacent d’autres étudiants, et c’est une vraie inquiétude, explique Hania Hamidi, secrétaire générale de l’UNEF et étudiante à Créteil.
Le 30 janvier dernier, une altercation a opposé des membres de la Cocarde à des étudiants de l’université de Nanterre lors d’une opération de tractage. Les versions divergent. Selon des étudiants présents, les militants de la Cocarde auraient été repoussés après une agression. De son côté, Édouard Bina, président de la Cocarde, affirme que ses membres ont quitté les lieux calmement avant d’être pris à partie dans la gare RER. Nous nous sommes alors défendus, c’est un cas de légitime défense, soutient-il.
Quels sont les enjeux ?
Pour l’UNEF et sa liste d’union, la priorité est la réforme du système des bourses et la généralisation du repas à 1 euro pour tous les étudiants.
L’UNI, de son côté, juge cette mesure trop coûteuse et propose de la remplacer par une généralisation du ticket-restaurant étudiant. C’est une mesure déjà mise en place pour 100 000 étudiants en France, dans des zones blanches. Nous souhaiterions qu’elle soit étendue à l’ensemble du territoire, explique Rubens Strachan, délégué national de l’UNI.
La sécurité des résidences universitaires figure également parmi les thèmes portés par l’UNI et la Cocarde. Ensemble, les deux syndicats réclament par ailleurs la dissolution de groupes comme les étudiants musulmans de France (EMF) qu’ils considèrent comme liés aux frères musulmans.
Enfin, la Cocarde plaide pour un retour de la liberté d’expression dans les universités. Pendant trop longtemps, elles ont été des bastions de gauche où régnait une pensée unique, estime Édouard Bina, président de la Cocarde.
Des idées qu’il a fallu défendre dans un climat tendu. Face à la multiplication des incidents durant la campagne, le ministère de l’Enseignement supérieur et les CROUS d’Île-de-France ont convoqué les représentants des organisations syndicales, dès ce mercredi 4 février, pour prévenir toute forme de tension ou d’intimidation.
