Le financier américain, accusé de crimes sexuels, a échangé par mails et a rencontré à plusieurs reprises le cinéaste français, qui dit ne pas avoir eu connaissance à l’époque de ses agissements.
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Son nom est cité à 306 reprises dans les derniers documents sur l’affaire Epstein rendus publics par le ministère de la Justice américain. Le réalisateur Michel Hazanavicius, à l’origine du film oscarisé The Artist, a échangé par courriel entre mars 2012 et janvier 2014 avec le financier américain accusé de crimes sexuels Jeffrey Epstein et l’a rencontré à plusieurs reprises, ont rapporté l’Humanité et l’AFP mercredi 4 février. La simple mention du nom d’une personnalité dans le dossier Epstein, qui comporte plusieurs millions de pages mises en ligne, ne suppose aucun acte répréhensible a priori.
L’une de ces rencontres est intervenue un peu moins d’un mois après le sacre de son film aux Oscars, le 24 mars 2012, lors d’un dîner parisien à l’initiative de l’ancien financier, selon les échanges consultés par Franceinfo. Le réalisateur Woody Allen, visé par plusieurs accusations d’agressions sexuelles, y était notamment présent. D’après les échanges écrits entre les deux hommes et l’agenda de Jeffrey Epstein, d’autres rencontres ont été organisées au domicile parisien du financier, situé avenue Foch, ou encore lors d’une promenade à Paris. Contacté par le biais de son équipe, le cinéaste a refusé de donner suite aux sollicitations de Franceinfo.
« Je l’ai rencontré deux fois personnellement, et une fois à un dîner avec une vingtaine de personnes, dont Woody Allen », a toutefois affirmé Michel Hazanavicius dans les colonnes de l’Humanité. « Je ne connaissais évidemment pas son comportement de prédateur. Ces rencontres se sont passées à Paris au moment de la folie de The Artist, qui venait d’obtenir des Oscars. Nous étions alors les coqueluches d’Hollywood, et avons à cette époque rencontré beaucoup de personnalités », a-t-il poursuivi.
Le 17 juin 2012, Jeffrey Epstein, qui s’est depuis suicidé en prison, a demandé au réalisateur français s’il pouvait lui suggérer « une belle jeune fille qui pourrait [l]‘accompagner à la première de Woody [Allen pour son film To Rome With Love] à Paris ». « Pas vraiment », a répondu le réalisateur, avant d’ajouter : « La seule qui correspond à ta description, c’est ma femme. »
Interrogé par l’AFP, Michel Hazanavicius a reconnu qu’il « y a un moment donné où il m’a demandé si je ne connaissais pas une fille sympa, smart, et c’est là où Bérénice [Bejo, sa compagne] m’a dit : ‘Plus jamais, il faut fuir ce type' »,
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