À Mitry-Mory, en Seine-et-Marne, une foule nombreuse composée de la famille, de proches, de parents et d’élèves a marché en silence pour dire « non au harcèlement scolaire ». Camélia s’est donnée la mort le 13 janvier dernier.
Un hommage poignant à Camélia
Salim Ayachi, l’oncle de Camélia, a imploré dimanche à Mitry-Mory : « Parlez » du harcèlement scolaire, « les mots des enfants étouffés par le silence des adultes finissent par tuer ». Ce message a résonné au cours d’une marche en sa mémoire, réunissant plus de 2.200 personnes, dont la majorité était constituée de familles et d’élèves.
La marche a débuté devant le lycée Honoré-de-Balzac, où Camélia était scolarisée. Salim Ayachi a pris dans ses bras la mère de Camélia, tenant un portrait de sa fille unique, avant que des ballons blancs soient lancés vers le ciel. Sur une banderole, on pouvait lire « Ensemble contre le harcèlement scolaire », tandis qu’une autre portait le message de la FCPE 77 : « Un mot peut blesser, un mot peut sauver ».
Une tragédie qui soulève des questions
Camélia, élève de terminale, devait célébrer ses 18 ans le vendredi suivant, mais elle a tragiquement mis fin à ses jours le 13 janvier en se couchant sur des rails de RER B, où elle a été percutée par un train. Cette douloureuse perte a conduit à l’ouverture de deux enquêtes judiciaires, l’une d’elle ciblant le « harcèlement scolaire ayant conduit la victime à se suicider ».
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Des paroles qui interpellent
Salim Ayachi a ensuite adressé un message fort à la foule : « Je lance un appel au calme mais certainement pas un appel au silence, car face au harcèlement, se taire, c’est laisser mourir. » Il a relévé que Camélia avait subi quotidiennement insultes, brimades et humiliations, tant en classe qu’en dehors.
Il a souligné que la maman de Camélia avait « appelé à l’aide » mais avait « reçu en retour le silence », ajoutant que minimiser le harcèlement ou ajouter un + »mais+ » faisait déjà partie du problème. « Ce week-end, Camélia aurait eu 18 ans, » a-t-il dit avec émotion. « Elle avait préparé sa fête, la liste des invités, des cadeaux… C’est elle qui nous offre un cadeau, un cadeau à toutes les victimes de harcèlement scolaire, c’est un espace d’écoute. »
Un appel à l’action
Il a exhorté les lycéens à se faire entendre : « C’est le moment. Parlez, racontez, dénoncez… Parents, parlez à vos enfants… Établissements scolaires, soyez transparents. Quand des faits sont signalés, prenez vos responsabilités. »
Dans un communiqué publié mardi, le procureur de Meaux, Jean-Baptiste Bladier, a appelé à « la plus grande prudence dans l’expression publique et la mise en cause médiatique de personnes, notamment le proviseur » du lycée, qui est actuellement en retrait.
