Ce mercredi 21 janvier, le PDG du groupe Stellantis, Antonio Filosa, s’est voulu rassurant auprès des représentants du personnel, lors de sa seconde visite sur le site de Sochaux.
Des propos rassurants, mais des effets contrastés
Ses propos se voulaient rassurants, mais ils ont eu des effets contrastés sur ses interlocuteurs. Il s’est rendu sur le site de son entreprise à Sochaux pour la deuxième fois depuis sa prise de poste en mai 2025. La presse n’était pas présente. Il a, comme c’est l’usage, rencontré les représentants du personnel. « Pas d’effet d’annonce » mais des propos qui se voulaient rassurants.
« Une impression plutôt positive » confirme Bilal Benchaa, délégué syndical CFDT de Sochaux, « après, il faudra attendre les actes » nuance-t-il. Même réserve pour Thierry Giroux, de Force Ouvrière : « il est plutôt optimiste, nous, on restera prudent, on demande à voir. »
Les préoccupations des syndicats
Lors de cette rencontre, d’environ trois quarts d’heure, chaque syndicat a pu poser une question préparée en avance. Au cœur des préoccupations rapportées par les élus du personnel : l’emploi. Notamment du fait des investissements plus importants du groupe aux États-Unis qu’en Europe, et du manque de renouvellement des équipes en France.
« Il nous a dit que des investissements étaient faits à Sochaux, qu’il ne fallait pas s’inquiéter » rapporte Bilal Benchaa. « Que Sochaux est un site crucial par rapport aux véhicules 100 % électriques ». « Il dit qu’on a une belle usine dans laquelle des investissements ont été faits » ajoute Thierry Giroux.
Les annonces d’embauche et le contexte de l’usine
Le PDG a confirmé au passage les annonces de l’automne 2025, et l’embauche en 2026 de 1.400 salariés, dont la moitié parmi les ouvriers. Mais sans préciser « combien d’embauches concernaient notre site » précise Bilal Benchaa. Le PDG précise que des « arbitrages » doivent encore être menés.
La question est pourtant essentielle. « En 10 ans, l’effectif de l’usine a été divisé par deux » rappelle Anthony Rué, délégué syndical CGT. « La pyramide des âges nous inquiète » commente Thierry Giroux (FO) : « surtout le renouvellement des compétences en recherche et développement et sur le métier de maintenancier ».
« Ici, plus de la moitié des salariés en CDI ont plus de 50 ans » souligne Bilal Benchaa, délégué CGT. « Renouveler par le biais de la jeunesse permettrait d’assurer la pérennité du site ». Selon son syndicat, plus de 1.400 intérimaires travaillent sur le site de Sochaux, dont certains « depuis plus de 18 mois ».
Des emplois liés aux volumes de production
Mais le PDG a été très clair sur un point : « Il dit que ce qui va générer des emplois, ce sont les volumes et que notre usine est en capacité de générer des volumes » rapporte Thierry Giroux (FO). Des volumes, en miroir des ventes des 3008 et 5008, dont des 100 % électriques, produits sur le site. En 2025, 23.000 véhicules sont sortis des chaînes de production de Sochaux.
« La direction lie les emplois aux volumes, mais ce dont ils se gardent bien de parler, ce sont des profits dégagés par le travail » s’indigne Anthony Rué (CGT), renvoyant aux « 54 milliards de profits faits par l’entreprise depuis 2021 ». « La marge qu’ils font sur chaque véhicule… aujourd’hui, un ouvrier est incapable de s’acheter une de ces voitures » s’agace l’élu, à quelques semaines de l’ouverture des négociations annuelles obligatoires autour des salaires : « les voitures qu’on produit, c’est pas pour nous, clairement ».
Attente des décisions futures
Quant aux embauches promises, il faudra attendre encore plusieurs semaines, et un futur CSE, pour connaître les décisions de la direction de Stellantis. Sans certitudes que ces 1.000 postes équilibrent d’autres choix de l’entreprise en France, que ce soit à Poissy, menacé de fermeture, ou à Mulhouse, où près de 400 intérimaires seront bientôt remerciés.
