Quatorze ans après l’arrivée de Free, le marché français des télécoms s’apprête à basculer. Soumis à l’accord des autorités, le rachat de SFR par Orange, Bouygues Telecom et Free pourrait redessiner durablement le paysage concurrentiel et social du secteur.

STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Un tournant historique
Quatorze ans après l’arrivée de Free sur le marché français des télécoms, l’industrie s’apprête à connaître un nouveau séisme avec la disparition annoncée de SFR, croqué conjointement par Bouygues Telecom, Orange et Free. Vendredi, après six mois de longues négociations, le groupe détenu par Patrick Drahi a accepté l’offre de 20,35 milliards d’euros formulée par ses rivaux. La répartition des actifs du deuxième opérateur français – avec ses 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires, ses 25 millions de clients fixes et mobiles, ses dizaines de milliers de kilomètres de fibre optique ou ses milliers d’antennes – s’apparente à un véritable big bang. Celui-ci pourrait durer environ trois ans. « C’est une opération dont la complexité est inédite dans l’histoire des télécoms européens », souligne un protagoniste du dossier.
Nécessité du changement
Ce rachat est néanmoins nécessaire vu l’essoufflement du modèle à quatre opérateurs télécoms depuis 2012 et l’arrivée de Free, affirme Franck Abihssira. La restructuration en cours pourrait avoir des répercussions significatives sur la concurrence, les tarifs et les services offerts aux consommateurs, mais également sur l’emploi dans le secteur.
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