Salvatore Adamo est l’invité exceptionnel toute cette semaine du Monde d’Élodie, à l’occasion de la tournée de son dernier album, « Des nèfles et des groseilles ». Épisode 3 : « Inch’Allah ».
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Du haut de ses 80 printemps, Salvatore Adamo continue de chanter l’amour comme le prouve son dernier album, Des nèfles et des groseilles, sorti en novembre 2025. Il est également en tournée dans toute la France : l’Olympia le 22 mars 2026, Biarritz le 21 avril, le 21 juin au Havre, le 7 octobre à Clermont-Ferrand et le 13 décembre à la Salle Pleyel. Dans la chanson Entre toi et moi, qu’il chante à la fois seul et avec Axelle Red, il met le doigt sur la difficulté de la vie de couple. Il y a toujours ce côté charnel, avec ce sourire aux lèvres personnelles, et cette intimité qui fait aussi partie de son écriture et de ses émotions.
franceinfo : On a le sentiment que la naïveté et l’insouciance ont toujours fait partie de vous, et que vous avez compris qu’il fallait cultiver ça pour réussir à continuer à créer de l’encre pour vos chansons.
Salvatore Adamo : La naïveté à mes débuts, bien sûr, elle est inconsciente, donc j’étais à fond dans ce que je disais, ce que je pensais.
C’est avec le recul et le temps que je me suis rendu compte que j’étais un peu naïf, mais aujourd’hui, j’essaye de ne pas perdre complètement cette naïveté.
Salvatore Adamo
à franceinfo
C’est aussi une forme d’honnêteté et je l’assume complètement, je suis un naïf lucide.
Je voudrais qu’on parle de Mes mains sur tes hanches. Cette chanson, elle met le doigt sur quelque chose, mais il n’y a pas de main baladeuse en fait. C’est-à-dire qu’il y a énormément d’élégance dans ce que vous racontez.
Vous savez, à l’époque, on la touchait à peine, la hanche, c’était très clean. Mais Mes mains sur tes hanches, je l’avais écrite parce que je m’étais rendu compte que ma fiancée de l’époque, qui est devenue ma femme, avait un peu mal pris le fait que j’avais écrit quelques chansons avec des prénoms féminins qui n’étaient pas forcément le sien. J’ai compris qu’il fallait que j’arrête et je lui ai expliqué que, pour écrire des chansons, et pour les rimes, il fallait des prénoms plus faciles à placer.
Est-ce que ça aide ou pas quand on est chanteur justement, de se créer des histoires avec d’autres personnes d’une façon complètement inventée, romanesque ?
Je n’écris pas que des chansons autobiographiques, heureusement, parce que si j’avais vécu toutes les ruptures que je chante dans mes chansons, ça en fait beaucoup. Ces histoires m’ont été inculquées par les chansons que j’écoutais avec mon père, les chansons napolitaines où il y avait toujours un homme à genoux devant la femme, la priant et la suppliant de revenir. Ça m’a imprégné, bien sûr, mais aujourd’hui, quand une chanson d’amour me vient encore à l’esprit, dont j’ai l’impression de ne pas encore l’avoir traitée de cette façon-là, je suis content.
Il y a une chanson qui a beaucoup marqué votre parcours, c’est Inch’Allah. Vous avez été attaqué à de nombreuses reprises pour cette chanson. Elle vous est venue un jour où vous avez visité Jérusalem. Vous avez eu besoin de créer une chanson pacifiste pour essayer de rapprocher les peuples. Je voudrais que vous me racontiez comment est née cette chanson.
Cette chanson, je l’ai écrite en visitant Jérusalem, accompagnée de Charley Marouani, l’impresario de Jacques Brel, de Nougaro, et j’ai eu la chance de l’avoir aussi. C’était un jour de sabbat, je m’en souviens. Il me montre une forêt et il me dit que cette forêt a six millions d’arbres et que chaque arbre a été planté pour commémorer un Juif tombé pendant la Shoah.
Une fois que la visite était terminée, je suis rentré à l’hôtel et le texte était dans ma tête, en vers.
Salvatore Adamo
à franceinfo
Maintenant, cette chanson m’a valu d’être banni dans les pays arabes à cause d’un malentendu, mais avec les années, je me suis rendu compte que sans aucun doute, je n’avais pas suffisamment fait allusion à la souffrance du côté palestinien. Aujourd’hui, je la chante d’abord en disant : « Dieu de l’enfer, ô Dieu du ciel, toi qui te trouves où bon te semble, en Palestine, en Israël, il y a des enfants qui tremblent », et à la fin, je dis : « Requiem pour toutes ces âmes de ces hommes et ces femmes tombés des deux côtés du drame ». Je tiens à ce que ce soit comme ça, même si j’ai eu des réactions négatives, cette fois-ci, du côté extrémiste israélite.
