Malgré son départ en retraite, un enquêteur a refusé d’abandonner une affaire complexe : celle de la disparition de Xavier Dupont de Ligonnès. Quelles sont ses conclusions ?
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Une obsession pour l’enquête
Percer l’énigme de l’affaire Dupont de Ligonnès, soupçonné d’avoir assassiné toute sa famille avant de disparaître, est l’obsession d’un ancien policier. Retracer le parcours de cet homme caméléon aux multiples visages est un défi, comme on le découvre sur des photos inédites où il changeait d’apparence chaque année. Gilles Galloux, l’un des cyber-policiers ayant participé à la traque du fugitif en 2011, a décidé de reprendre l’enquête.
Nouveaux indices et témoignages
Dans son livre, Xavier Dupont de Ligonnès. Un flic au cœur de l’affaire, il présente de nouveaux indices et témoignages qui vont à l’encontre de la thèse du suicide. « Le premier témoignage est corroboré par le deuxième, le troisième corrobore le second et le premier, etc. Si quelqu’un l’a vu après, c’est qu’il ne se serait pas suicidé, en tout cas pas tout de suite« , affirme-t-il.
Les derniers instants connus
Le 21 avril 2011, les enquêteurs découvrent cinq corps ensevelis sous une terrasse : l’épouse et les quatre enfants de Xavier. Le père, quant à lui, a pris la fuite. À cette époque, il est ruiné et sans emploi. « Ces enfants avaient l’image d’un père, homme d’entreprise, réussite dans la vie. Peut-être que ces enfants n’étaient pas au courant de la déchéance sociale. En tuant ces enfants, il s’assure qu’ils ne vont jamais découvrir la véritable image du vrai Xavier Dupont de Ligonnès« , estime Galloux.
Le parcours de fuite
Les policiers retracent alors son parcours jusqu’à Roquebrune-sur-Argens, où il est aperçu vivant pour la dernière fois sur les images d’une caméra de distribution. Les enquêteurs penchent alors pour un suicide dans les montagnes, mais Gilles Galloux conteste cette hypothèse. Au cours de son enquête, il retrouve la gérante d’une agence de location de véhicules, qui avait hésité à parler à l’époque. « Il voulait louer une voiture mais refusait de payer par carte bleue, il voulait payer en espèces. Cela a conduit la gérante à refuser de lui donner une voiture« , rappelle-t-il.
Des indices supplémentaires
Galloux déclare qu’un autre témoin aurait pris Xavier en auto-stop et l’aurait déposé dans un camping non loin de Roquebrune-sur-Argens. « Les personnes décrivent un homme élégant et très courtois, ce qui correspond au profil. Ils parlent également d’une tenue vestimentaire adéquate et du sac qu’il portait« , précise-t-il.
Il aurait alors cherché à se procurer de faux papiers pour organiser sa fuite. Galloux ajoute qu’à la Seyne-sur-Mer, Xavier aurait retrouvé d’anciennes connaissances qui, à l’époque, falsifiaient des documents. « Xavier Dupont de Ligonnès n’est pas un voyou. Son meilleur ami nous a dit qu’il savait où il pouvait se procurer de faux papiers. Et justement, Xavier est passé par la Seyne-sur-Mer« , conclut Galloux.
Une piste vers les États-Unis
Selon l’ancien policier, le fugitif serait parti sous une fausse identité vers les États-Unis. En examinant les vols au départ de Nice, il découvre un vol saisonnier de la compagnie Delta Airlines, Nice-New York, qui coïncide parfaitement avec les dates de la disparition de Xavier. « Il voyageait régulièrement depuis cet aéroport dans les années 90« , explique-t-il.
Un message énigmatique
Gilles Galloux révèle qu’il a trouvé une lettre d’adieu adressée à Michel Rétif, son meilleur ami, contenant cette déclaration : « Je penserai bien à toi là-bas. Pas le droit de te dire où, mais tu y es passé avec moi en novembre 1990. Indice à creuser, lol.«
Galloux s’interroge sur ce qu’il pourrait découvrir : « Je sais précisément où Xavier était avec Michel en 1990. Il a fini par lui dire : ‘See you later, alligator’. Moi, je le prends comme un : à bientôt« , conclut l’enquêteur.
